DOOM GENERATION : GENERATION PERDUE, Analyse
chronologique
Bienvenue dans un monde merdique
Le Quick Emart
Première chambre d’hôtel
Le carnoburger
Un autre motel
Changement de programme
Photo : Amy Blue
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Avant ce film, Greg Araki a réalisé plusieurs autres oeuvres underground, homosexuels de surcroît. Produit en partie par des français (Why Not Productions), cette espèce de road movie insolent met en scène un trio d’adolescents interprétés avec réalisme par James Duval que l’on a vu dans Indepedence Day et qui joue ici Jordan White. Rose McGowan était plus sage et plus blonde dans Scream que dans Doom Generation, elle est Amy Blue. Enfin, Johnaton Schaech joue le dérangé Xavier Red.
Bienvenue dans un monde merdique.
C’est dans une boîte de nuit à l’ambiance pogo suintant et à la musique trash et donc bruyante (Nine Inch Nails), que l’on fait connaissance de deux personnages principaux du film. La première réplique de Rose McGowan est “Fuck” ce qui a le mérite d’être clair et qui laisse envisager un film d’assez mauvais goût. Car les insultes et les gros mots font souvent office de dialogues. L’anglais parlé dans ce film est un vrai trésor, linguistiquement parlant...
Amy prend donc de la drogue, tient plus que la vie à son briquet tête de mort et s’ennuie à mourir dans une boîte de déjantés où son petit ami s’éclate à en mourir.
Avec son boyfriend, elle va dans la voiture pour un des leitmotiv du film (entre la drogue et la violence): le sexe. C’est donc parti pour un road-movie hors-norme, osé; un trip vers l’enfer.
Au cours d’une méchante rixe, le couple rencontre Xavier, un type assez louche. A eux trois, ils vont vivre des expériences redoutables qui les feront réfléchir sur leur condition d’ados en quête de buts existentiels.
Gregg Araki, annonce clairement et ironiquement que Doom Generation est son premier film hétérosexuel. Or à la première rencontre entre Jordan et Xavier, le premier se fait méchamment dragué par le second. Mais Xavier s’en prend aussi à Amy; il pourrait donc bien être des deux bords, ce qui sera confirmé par la suite.
Tout au long du film, Araki dissémine des messages pas vraiment cachés sur le destin des ados. Des messages pas vraiment cachés puisqu’ils sont écrits très très gros. Des exemples : Priez pour vos âmes perdues, préparez-vous à l’apocalypse, obéissez, etc... Pour résumer, rien de bon les attend.
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Le Quick Emart
Un Quick Emart est une petite échoppe assez répandue aux USA. Ouverte toute la nuit, on y trouve l’alimentation générale d’un américain composé de natchos, hot-dogs, coca, sandwiches multicolores, chili, cheeseburger, bref, de la graisse.
Gregg Araki en rajoute une couche et filme en gros plan (plusieurs fois dans le film) cette nourriture infâme et dégoûtante mais choyée par les personnages comme nombre d’américains adeptes du fast-food / bad-food.
Et l’Amérique va encore en prendre plein la tronche. Comme tout bon citoyen des Etats-Unis, le tenancier asiatique possède un fusil à pompe. L’absurdité de ce monde mène Amy et Jordan à se faire menacés par cet homme qui les braquent pour une broutille.
Les personnes bien-pensantes qui auraient survécu au flot d’insultes ne survivent pas à la scène politiquement pas correct du tout qui suit. Une scène...plutôt gore.
Xavier se bat avec l’épicier pour sauver la vie d’Amy et Jordan mais dans la bagarre, Xavier appuie accidentellement la détente du fusil et décapite le bonhomme dans une gerbe de sang. La tête vole dans les airs, attérrit puis vomit une substance jaune et pâteuse. Ceci constitue le début d’une spirale de violence dans laquelle les trois héros vont sombrer et ne pourront pas en sortir.
Les mêmes situations se représenteront encore et encore avec quelques variantes...
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Première chambre d’hôtel.
Les décors sont minimalistes. Ici tout est rouge sans exception. Les motivations des jeunes sont claires: le sexe, la drogue, les shows télé débiles. La relation Xavier/Jordan est approfondie et une homosexualité sous-jacente finit par régner. Sutout lorsque Jordan rote à la figure de Xavier, c’est drôle alors Gregg Araki rit.
Ce dernier fait aussi la critique d’une télé décadente basée sur le sensationnalisme et friandes de faits divers glauques qui constituent la demande d’un public d’ahuris. Cette télé se substitue à la justice et énonce ce qui est bien ou pas.
“Je l’ai vu à la télé, donc c’est vrai” dit Xavier pour souligner l’influence néfaste de la télévision. Xavier est un garçon assez étrange. Il mange des choses qu’il ne devrait pas, a un Jésus tatoué sur le kiki, a tué une contractuelle. Il est peut-être la réponse aux questions d’Amy et Jordan qui se sentent isolés. Son air sûr de lui, son mode de vie extrême représente éventuellement une porte de sortie pour les deux ados. Mais en fait, Xavier est aussi perdu que les deux autres et use de la violence comme échappatoire; les autres s’en sortent avec la drogue et les boîtes de nuit.
Pendant qu’Amy et Jordan baisent dans la baignoire, Xavier se la pignole; ce qui laisse rapidement envisager une relation à trois car Xavier semble assez entreprenant.
N’ayant pas de but précis, le groupe décide d’aller manger au carnoburger, un fast-food thématique sur les dinosaures.
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Le Carnoburger.
La commande de Xavier et Jordan : Méga Mollorama sans oignons, slurp passion et des frites frisées. Tronçons de boeuf barbecue, des boulettes de fromage frites et un evian; des synonymes de l’absurdité d’une société de sur-consommation.
Un employé à la mâchoire de fer, croit reconnaitre en Amy, son ex-petite amie. Il veut donc logiquement, la descendre 1au fusil à pompe.
De retour à la chambre d’hôtel rouge, Amy finit par tromper Jordan avec Xavier, décidément très entreprenant! Mais ce n’est qu’un début.
Dépourvus de buts, ils roulent au hasard. Les hommes s’intéressent à des choses superficielles pour échapper à leur destin, comme cette boucle de ceinture hologramme ou des jeux-vidéos de combat sanglant.
Nos trois jeunes gens débarquent dans un bar aux tapisseries faites de papier aluminium. Coincés par la fatalité, ils revivent la même scène que précédemment. Une femme croit reconnaitre Amy, la dispute éclate et le bain de sang conlut l’affaire grâce à Xavier.
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Un autre motel.
Cette nouvelle chambre d’hôtel est constituée de damiers. Un lit en damiers, une tapisserie en damier, etc...Tout est toujours pareil même quand ça change, la vie est chiante.
Amy retrompe Jordan mais comme il est totalement perdu, il s’en fout un peu et ça l’excite même. Il préfère donc se la pignoler et jouer avec son yoyo lumineux en mangeant des McNuggets à la crevette. On retrouve toujours le même motif consitué d’actions et de réflexions sur la bouffe, le sexe, le monde, la vie.
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Changement de programme.
Jordan, Xavier et Amy se rapprochent de plus en plus, au fur et à mesure qu’ils sont confrontés aux épreuves que leur tend le monde. Jursque là, malgré les dialogues crus et le gore, le film était assez drôle car accentuant les côtés grotesques de la société d’aujourd’hui. Mais la fin est on ne peut plus sérieuse et grave. Araki montre ainsi que finalement, même si on s’amusait bien, ça finit toujours très mal quoiqu’on fasse.
Alors que les trois ados réalisent une partie à trois afin d’explorer de nouveaux plaisirs, ils sont surpris par un groupe de néo-nazis tarés. Ces personnes représentent le mal aboslu que la société est capable d’engendrer. Des psychopathes que les personnages principaux essaient de fuir depuis le début. Dans un final apocalyptique et stroboscopique, Jordan est castré au ciseau géant. Amy se venge et les tue en les découpant également à la cisaille dans un dernier bain de sang au sens littéral.
Même si le film se termine peu après l’assassinat horrible de Jordan, le film n’a pas vraiment de fin. Amy et Xavier repartent ensemble en voiture, pour errer à nouveau, en direction de nulle part.
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