Qui est Kern ? Aujoud’hui, photographe de renommée internationale, Richard Kern est le roi de l’art Underground. Il expose dans les galeries New-Yorkaises surtout mais aussi à Tokyo, Paris ou Stockholm. Il a sorti plusieurs livres dont certains consacrés entièrement aux New-York Girls. Outre la photo, il s’est déjà adonné au tournage de court-métrages et vidéo-clips avec des personnalités comme Lydia Lunch, Sonic Youth ou Nick Zedd. Certains de ses films (HardCore 1 et 2) sont disponibles chez Haxan Films. Kern a souvent été vilipendé car il n’hésite pas verser dans le Hard, juste ce qu’il faut pour faire réagir quelques personnes pas très ouvertes. L’oeuvre photographique de Kern est pourtant assez varié et va de gentiment érotique à sérieusement choquant! Son travail est donc on ne peut plus intéressant... Sujets de photo La plastique des beautés de Kern ne correspondent pas aux canons édictés par la mode, les grosses poitrines de magazines de cul et les top-models anorexiques. Non. Les femmes que photographie Kern ont chacune leurs charmes propres, un je ne sais quoi d’original qui les rend chaleureuses et naturelles. Evidemment, la femme ou plutôt son corps est considéré comme un objet, mais comme un objet d’art ce qui n’est pas dégradant et plutôt gratifiant! Chaque modèle a ses qualités et défauts de plastique car elles sont en fait, des filles que l’on pourrait rencontrer dans la rue. Sauf qu’ici, leurs charmes les plus intimes sont révélés par l’oeil indiscret et polisson de Richard Kern... Blitz Interview ![]() Vous semblez intéressé par les filles de New-York, mais qu’en est-il des Françaises ? J’ai fait des photos en France à plusieurs reprises. Certaines de mes meilleures photos ont été prises à Paris. Que répondez-vous aux gens qui disent que vos photos sont vulgaires et choquantes ? Merci! Personne ne dit vraiment ça à propos de mon travail - ils le disent plutôt de moi jusqu’à ce qu’ils me rencontrent. Quel est votre fantasme préféré ? Les filles dans leurs salles de bain ? Les filles qui essayent des vêtements. Celles qui sont en sous-vêtements ou qui portent des chemises de nuit légèrement transparentes. J’aime beaucoup la lingerie transparente. Où préférez-vous que l’on publie vos photos ? Dans les livres et les magazines. Que pensez-vous du documentaire tourné sur vous ? Pour être honnête, je ne l’ai pas regardé. J’ai eu peur de le regarder. Que savez-vous de la France ? Que tout le monde fume beaucoup et toutes les femmes sont belles. Hustler White est critiqué dans nos pages. Vous connaissez ? Oui je l’ai vu. Le personnage principal était une des premières personnes à distribuer mes films en Europe dans les années 80. New York GirlsIl s’agit là d’un bouquin assez célèbre du photographe rassemblant des clichés de ses filles fétiches. On sera (ou peut-être pas) surpris de trouver quelques photos du groupe Marilyn Manson dans une pose à la hauteur de sa provocation. Kern a réalisé pour ce groupe le vidéo-clip Lunchbox. Les photos sont précédées de trois textes. Le premier est une rapide biographie écrite par Kern. Le deuxième est signé Lydia Lunch, l’égérie de Kern qui raconte leur rencontre et leurs aventures underground. L’autre est un entretien de Kern où il explique un peu d’où viennent ses obessions. Les premières photos montrent une recherche de l’esthétique, de la beauté simple notamment grâce au charme du noir & blanc. Les jeunes filles ont des poses légèrement érotiques qui fait de cette première partie une mise en bouche plutôt agréable. Puis, on va crescendo vers des choses bien plus hard. Les éclairages rouges et violents font leur apparition en même temps que les cuissardes, bottines et piercing pour donner dans un registre orienté SM. Vient ensuite tout une série de fmmes avec des flingues qui leur donne un pouvoir étrange... Enfin, Kern finit par se lâcher complètement et présente des photos de bougeoirs humains masculins ou féminins. Au vu du nombre de clichés, le bondage semble son obsession principale; les filles sont attachées par des cordes de tous types dans des positions souvent bien insolites avec des liens plus ou moins serrés mais plutôt plus. La dernière partie nous présente quelques filles sur les p’tits coins. Oh, ça n’a rien de sale! Bien au contraire, l’oeil indiscret du photographe érotise parfaitement ces moments et ces endroits d’intimité. Heureusement que Kern est là pour briser cette intimité et outrepasser l’interdit en nous exposant son univers fantasmatique. Merci Richard! On y retrouve également quelques photos noir & blanc de ses films. 180 photos donc env. 180 pages pour env. 150 F. Editions Taschen |
Richard Kern ![]() Submit to me now
Submit to me now est un court-métrage totalement expérimental. En effet, le cinéma est ici utilisé à une fin uniquement démonstrative. Kern se serre d’une caméra comme d’un appareil photo pour filmer ses amis se livrer à quelques jeux plus ou moins bizarres tournés vers le SM.
Avec ses images saccadées et ses couleurs saturées, contrastées souvent dans les tons rouges, Kern ne joue par la carte du réalisme mais plutôt celle du fantasme mis en image. On retrouve dans ce film les obsessions qu’on lui connaît par ses photos et bien d’autres encore... Certaines scènes sont quasiment des photos de son livre qui se seraient animées. Evidemment, Kern se sert de cette animation pour pimenter son art et lui donner un petit plus par rapport aux photos qui restent gentiment sur leur page. Au niveau du contenu, comme d’habitude, Kern va du gentil au porno-gore choquant. Même s’il s’intéresse beaucoup aux filles, les mâles ne lui font pas peur pour autant. Il filme donc avec entrain un homme au look punk qui exhibe son chose; ou un homme en train de se raser le pubis... Au programme des festivités : une fille qui joue avec des petites salamandres, une fille spécialiste des crans d’arrêt qui fait un strip-tease un peu spécial car elle découpe ses habits à coups de couteau puis se lacère les seins, se crève un oeil et finit par se planter le couteau dans le ventre! On est proche de l’ambiance snuf. Il y a beaucoup d’autres trucs bizarres de ce type, le tout sur fond de musique underground répétitive. En bref, Submit to me now est un concentré de Kern, de ses visions hallucinées qui font de lui un grand artiste underground et multimédia. Ce qui est assez dérangeant dans le film, c’est qu’on ne sait pas très bien si ce qu’il nous est montré est réel ou pas. Certains des acteurs étant de réels pratiquants du sado-masochisme, certaines de leurs performances pourraient bien être réelles. Bien sûr les fantaisies les plus gores sont évidemment des effets de maquillage comme cette grand-guinolesque descente d’organe par la gorge! “Pour moi, faire ces films c’était comme de déposer un bel étron, bien gras et odorant, sur le sol puis reculer d’un pas et observer les gens s’émerveillant dessus” R. Kern ![]() |